CHAPITRE XIII
Le développement du luxe et des mauvaises mœurs ; ses causes réelles. Ce q«©
les Français y ont ajouté.
L'égoïsme des hautes classes et l'oppression du peuple : l'influence plutôt eoa-
traire des mœurs et des idées françaises.
Les gallophobes nous rendent responsables des mœurs russes du xvme siècle : cette responsabilité, sommes-nous tenus de l'accepter? « Ce n'est pas nous, a remarqué M. Joseph Texte, qui avons imposé à l'Europe notre art et notre pensée; c'est bien l'Europe qui, librement et joyeusement, est venue à nous* séduite par l'étrange prestige de nos doctrines, la chaleur com~ municative de notre parole, la générosité toute nouvelle de notre idéal1. » Il faut en dire autant de nos façons de vivre . si l'Europe s'en est engouée, si la Russie a suivi l'Europe, si ce n'est pas toujours par nos beaux côtés que l'une et l'autre ont voulu nous ressembler, ce n'est pas nous qui sommes en faute.
Pourtant, ce « tu l'as voulu, Georges Dandin », ne doit pas nous mettre tout à fait hors de cause. Nous n'avons pas été, en effet, pour les Russes du xvme siècle, des fournisseurs livrant telle denrée sur telle commande précise ; nous avons eu un rôle plus haut. Sur notre prétention d'enseigner la raison et l'humanité, les Russes nous ont pris pour directeurs de con-