‹ La Culture française en RussieChapitre 162 sur 518 · Archive russe, I, p · texte numérisé non relu

Archive russe, I, p

En définitive, ils ont mis plus de douceur dans ces formes qui parfois entraînent le fonds; ou, si Ton veut, en gagnant sur la brutalité mise dans les mœurs par des siècles d'oppression, ils ont rapproché les Russes de leur vraie nature. On a dit quel* quefois : « Grattez le Russe et vous trouverez le Tatar » ; à quoi les patriotes répondent qu'il faut, au contraire, gratter le Tatar pour retrouver le Russe, l'Européen. Or, personne n'a gratté ce Tatar avec plus de succès que les Français du xvine siècle1.

1. Les opinions défavorables aux Russes que nous avons énumérées au cours de ce chapitre n'ont pas disparu avec le xvin6 siècle. On les retrouve encore, au xix% exprimées par beaucoup d'écrivains de toute nationalité, et en particulier par Jou* bert. « La politesse dans les manières, et la barbarie dans les mœurs ; la faiblesse par l'ignorance et la présomption par les succès; l'imperfection par nature, et l'excellence par emprunt; des vices qui ont mille ans et seront éternels, parce qu'ils sont de race, d'habitude et de climat; des vertus qui n'ont qu'un jour et dureront peu, parce qu'elles sont de culture et non d'essence ; un peuple enfin dont on a fait ce qu'il ne peut pas être et qui est condamné à redevenir ce qu'il était; tels sont les Russes. » (Pensées, édit. Perrin, Paris, 1909, p. 201.)

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