‹ La Culture française en RussieChapitre 17 sur 518 · Pavlof-Silvanski, Projets de réformes..., pp · texte numérisé non relu

Pavlof-Silvanski, Projets de réformes..., pp

4. Lettre de l'agent français à Hambourg. Cf. Veuelin, Revue des Études francorusses, juillet 1907.

une, et de reconnaître, en tout cas, ce qu'on pourrait emprunter -à 'cette culture si vantée. En 1717, le voyage fut décidé, et, au grand émoi des ministres du Régent, aussitôt fait que décidé.

Les premiers jours n'en furent pas faciles. Dans la suite du Tsar, qui était nombreuse et fort mêlée, Kourakrne seul parlait français; le Tsar lui-même, quoi qu'on en eût dit par courtoisie, l'entendait assez peu; il fallut éprendre à Dunkerque, pour servir d'interprète, le capitaine d'une « flûte » qui comprenait le hollandais du souverain russe1. Il semble, d'autre part, que les Français se fussent attendus à trouver « les Moscovites » plus simples qu'ils n'étaient; or, ils sont maintenant des Russes, ainsi qu'ils le font remarquer à leur guide, le chevalier de Liboy, et, par suite, « ils aiment tout ce qui est bon et s'y connaissent ». On gagne pourtant Paris sans trop d'encombrés, mais là ils se multiplient. Les bizarreries du Tsar, ses goûts en matière de logement et de nourriture, n'étonnèrent pas moins k Cour, mais en sens inverse, que ceux de sa suite n'avaient étonné Lïboy : comment les amis et les -hôtes de Matviéief auraient-ils pu s'attendre à voir son maître, à table, réclamer une rave, la manger, goûter les vins, puis s'en aller, non sans avoir soufflé les bougies qui lui paraissaient de trop 2. Mais on s'y fît vite : sa perruque courte et son habit sans galons donnèrent même naissance à une mode et, d'ailleurs, le premier moment passé, le Tsar changea d'allures. Il semble que, pour commencer, il ait été un peu embarrassé de sa personne, dans une ville si polie, et que, ne voulant pas paraître dans le cas de mériter des leçons, il se soit mis à en donner, et à « faire le Scythe », pour masquer une timidité qui ne dura guère; « vers la fin de son séjour, allant de maison en maisons accueillant toutes les invitations, il arriva à se montrer parfait, même avec les dames3 ». D'ailleurs, il passa son temps plu,

1. Société historique, XXXIV, pp. 140 et suiv. — Liboy, art. cité.

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