‹ La Culture française en RussieChapitre 18 sur 518 · Id., p · texte numérisé non relu

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à la ville qu'à la Cour. Il visita la Monnaie, l'Imprimerie Royale, le collège des Quatre-Nations, la Sorbonne, l'Observatoire, l'Académie des sciences, l'ingénieur Pajot, l'oculiste anglais Woolhouse, le Père Sébastien, carme et mécanicien, etc., etc. Partout il passa vite, coupant net les compliments, préoccupé de machines, de faits nouveaux, précis, avec de brusques sautes de curiosité. Finalement, quand il partit, il laissa la ville et la Cour fort perplexes; qu'était-il au juste, un contremaître hollandais ou bien un grand souverain1? Dubois tenait pour la première opinion; Saint-Simon pour la seconde, et Villeroy aussi : « Ce prince prétendu barbare ne l'est point du tout, écrivait-il à Mme de Maintenon ; il nous a fait connaître des sentiments de grandeur, de générosité et de politesse auxquels nous ne nous attendions point... ».

Son voyage aussi a été diversement apprécié; faut-il y voir un fastueux hors-d'œuvre diplomatique, ou bien un des grands événements de l'histoire de la civilisation? On ne croit plus aux anecdotes qui nous montrent Pierre le Grand juge sévère de la Babylone moderne et prophète des châtiments qui l'atteindront2; mais peut-on supposer, avec Alfred Rambaud, que, de cette Babylone, « il a emporté la future civilisation de la Russie » ?

i. Voltaire à Chauvelin, 30 octobre 1760.

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