‹ La Culture française en RussieChapitre 172 sur 518 · Sémevski, le Passé, art. cité, p · texte numérisé non relu

Sémevski, le Passé, art. cité, p

— jadis M. Marat — « condamne les fureurs de son frère, mais ne cache pas qu'il est républicain * » ; aux Cadets, un des « bons Suisses » qu'on y a mis en place des Français enseigne la Marseillaise à ses élèves. Malgré douaniers et censeurs, nos livres pénètrent, circulent toujours; jamais on n'a demandé tant de Voltaire qu'en 4797 2, et les bouquinistes français, à Pétersbourg et à Moscou, ont preneurs pour toutes les nouveautés interdites3. En dépit des Jacobins, une bonne partie de la jeunesse, non seulement continue à regarder la France comme « la patrie du goût, de la politesse, des arts, des plaisirs délicats et des hommes aimables », mais encore espère qu'elle sera « le foyer du feu sacré où les Russes viendront un jour allumer le flambeau qui doit éclairer leur ténébreuse patrie 4 » .

Ces dispositions sont souvent dénoncées par les aristocrates et les réactionnaires. « Vous ne sauriez croire, écrit Kotchoubey à Vorontzof, combien cette révolution de France a fait de mal.... Elle a chez nous, comme ailleurs, beaucoup de partisans5. » Rostoptchine, à son tour, gémit sur « la jeunesse infernale » de Saint-Pétersbourg : « Vous serez atterré d'y voir des centaines de jeunes gens qui mériteraient d'être les fils adoptifs de Robespierre et de Danton6. » Cette lointaine postérité de nos Jacobins, on la reconnaît tout d'abord aux grosses cravates qu'elle arbore, malgré les défenses de l'Impératrice et les supplications des vieux parents. « Le dernier dimanche, la comtesse Soltykof ayant voulu mettre à la raison son neveu, il fit sonner si fort ce mot de liberté qu'elle s'enfuit à toutes jambes 7 ! » Sous Paul Ier on est plus prudent, mais l'accoutrement qu'il a proscrit est dans

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