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La société russe par un Busse, I, p

« M. l'amiral Tchitchagof, ministre de la Marine, m'a offert de placer mon frère, sans le connaître, écrit Joseph de Maistre. Il lui donna deux emplois pour pouvoir doubler ses appointements ; bientôt il en fabriqua un troisième, dans la pleine puissance d'un ministre russe, en lui disant : « C'est pour votre voiture1 ». Cet emploi, c'est celui de directeur du musée de l'Amirauté.

Quant aux Français qui, loin du soleil, servent vraiment à quelque chose, ils n'ont généralement pas de voiture. Quelquesuns seront avantageusement employés dans la Nouvelle-Russie, quand Richelieu en sera gouverneur ; la plupart languissent dans des postes mal payés, peu considérés. Jikharef conte qu'un jour, à Moscou, sa calèche a renversé une vieille paysanne; un policier s'est élancé, a retenu les chevaux, relevé la blessée, réclamé un secours pour elle. Ébahi, Jikharef demande qui est cet oiseau rare. « C'est, lui dit-on, l'émigré Ivan Pétrovitch Grandjean2. »

Les emplois dans l'armée sont, naturellement, de beaucoup les plus recherchés. Encore en France, Bouille a déjà offert son épée à Catherine. « Le vœu de son cœur, écrit Grimm, son goût, l'intérêt de sa gloire seraient de se vouer au service de la Russie. Il prétend qu'il n'y a plus que là qu'il existe une tête souveraine3. » D'abord bien disposée, l'Impératrice trouve^ après Varennes, que Bouille a été surfait; elle ne se soucie pasy d'ailleurs, de faire murmurer ses sujets en confiant à des Français de trop hauts commandements. Des colonels, soit, et elle en crée plusieurs qui, par la suite, iront loin, mais non sans traverses : d'Autichamp, Richelieu, Langeron payeront cher, à certains moments, l'honneur de s'être refusés à des concussions4, ou la maladresse de n'avoir pas compris le service à la façon de Paul Ier. « Il était militaire, écrira plus tard, de son

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