‹ La Culture française en RussieChapitre 181 sur 518 · A Catherine II, 19/30 avril · texte numérisé non relu

A Catherine II, 19/30 avril

ami, le comte de Langeron, mais il n'était pas caporal, et il fallait l'être avec cet empereur1. »

■ L'avènement d'Alexandre Ier leur assure des jours plus heureux. Quinsonnas devient général, et sans qu'on murmure; il fait oublier, à force de bonne grâce, qu'en France il n'était que sous-lieutenant2. On pardonne aussi à Langeron, car ses distractions font la joie de la Cour3. Saint-Priest est moins populaire; il faudra, pour le naturaliser, sa mort à Reims, en 1814, dans les rangs russes. Quant à Richelieu, sa fortune appartient à l'histoire politique de la Russie de ce temps 4.

Les plus dépourvus d'argent et de protecteurs essayent de se tirer d'affaire par l'exercice d'un métier. Quelques-uns se font libraires ou bouquinistes 5; ce n'est pas déroger que de répandre nos classiques dans un pays barbare! D'Autichamp, lui, a commencé par fabriquer des galoches, que la princesse Dolgoroukova a pris le soin de lancer \ mises sous les yeux de Paul Ier, elles valent à leur auteur son régiment6. Plusieurs essayent de la culture ou de l'élevage dans la Russie du Sud; leur rêve d'une « Nouvelle-France » agricole, sur les bords du Dniepr ou de la mer Noire, revient souvent dans leurs correspondances7. Mais le métier par lequel ils finissent, presque toujours, c'est celui de précepteur. Pour les contemporains, il n'y a pas de milieu; l'émigré qui, en Russie, ne devient pas grand seigneur, tombe outchitel8.

Il n'y faut, en effet, ni préparation, ni démarche. A Pétersbourg, on met une annonce dans le journal; à Moscou, on se

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