‹ La Culture française en RussieChapitre 184 sur 518 · Viguel, Mémoires, I, pp. 128 et suiv · texte numérisé non relu

Viguel, Mémoires, I, pp. 128 et suiv

ht, Maïkof, Batiouchkof, sa vie et ses œuvres, pp. 11-12.

5. Antiquité russe, 1877, XX, p. 376. — Id., 1873, VII, p. 211.

chambre, où, d'ailleurs, on peut l'observer à travers un judas, mais tous travaillent dans une salle commune; il y a des cours de français, de latin, de géographie, d'histoire, de mathématiques, de morale. La nourriture est « saine et abondante », la propreté parfaite, la surveillance continue, et le tout ne coûte, à chacun des vingt-quatre élèves de la maison, par an, que su ou sept mille francs de notre monnaie1.

Les Jésuites, venus un peu plus tard, demandèrent des prix un peu moins élevés, et réussirent à réunir, en 1804, à côté de nombreux internes, des externes, parmi lesquels nombre de fils de grandes familles. Yiazemski nous assure que, chez eux, tous les maîtres étaient attentifs, éclairés, fort instruits, et d'ailleurs tolérants; à preuve, le rire du P. Rosaven, quand un élève lui déclare que, de tous les Jésuites, c'est Gresset qu'il préfère. Les programmes étaient, chez eux comme chez l'abbé Nicolle, ceux des anciens collèges français, avec les langues anciennes à la base; le français était d'usage à peu près constant; le russe avait ses heures, et aussi le catéchisme orthodoxe. Jamais on ne voyait trace de propagande catholique : tout au plus les orthodoxes devaient-ils faire maigre aux mêmes jours que les Pères, pour des raisons, disait-on, d'économie domestique2. Et Viazemski en conclut, comme jadis Catherine II, que « ces coquins » ont du bon, et qu'il ne comprend pas les haines qui les ont poursuivis, même en Russie. « C'est peut-être par esprit d'imitation, dit-il; quand il pleut à Paris, nous ouvrons notre parapluie3. »

De quel profit ont pu être pour la Russie ces collèges, ces abbés, ces précepteurs titrés? Du côté des Suisses et des Montbéliardais,il n'y a qu'une voix là-dessus: les émigrés n'ont apporté

1. Viguel, Mémoires, I, p. 139. — Abbé Georgel, Voyage à Saint-Pétersbourg, VI, pp. 349 et suiv.

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