Viguel, II, p. 188. — Viazemski, I, p. xxix
4. Archives des Affaires étrangères, corresp. de Russie, cxlii.
signifie : « Nous les pratiquons, général, et mieux que vos citoyennes des Tuileries ». Voyez en effet l'élégante qui, dans son équipage précédé d'un heydouk — à Paris, ce serait un écuyer — exhibe un costume qu'une madame du Pont des Maréchaux lui a vendu très cher, bien que fort court et encore plus léger. La mode est, en effet, aux transparences et aux nudités. « Vous ne pouvez imaginer, raconte la belle Mme Chépélova, qui revient aussi de là-bas, combien c'est charmant! Vous mettez une chemise, et puis vous vous regardez : c'est comme si vous n'aviez rien du tout1! » Encore est-il heureux qu'elle n'ait pas rencontré Mme Tallien en son costume de Diane chas-* seresse2; qu'en serait-il résulté dans cette blanche Moscou dont les lieux de réunion font déjà penser au paradis de Milton3! « D'ailleurs, ce n'était pas laid, remarque Viguel, du moins sur les jeunes... Les robes étaient fraîches, propres et simples; les cheveux en diadème faisaient valoir les jeunes fronts.... Sur les vieilles, c'était différent4! » Il en résulte qu'à Moscou comme à Paris, les femmes sont souvent malades. Alors elles reçoivent étendues sur leur lit, ou du moins sur un sofa, entre des piles de coussins, et toujours la gorge et les bras nus. Autour d'elles on parle, à mi-voix, de vapory, de migrény, de spazmy, et les maris, hochant la tête, assurent que tout cela, c'est la faute aux émigrés5.
Malgré tant de misères, il est rare que les daines ne trouvent pas la force d'aller aux vendredis du club anglais, « le Forum de la noblesse russe ». Dès le premier pas, on y est ébloui de l'éclat des lumières, assourdi par les rugissements de l'orchestre 6- Quelle foule! que de magnats « qui ressemblent à autant de