‹ La Culture française en RussieChapitre 205 sur 518 · Pyliaief, La vieille Moscou, pp. 298 et suiv · texte numérisé non relu

Pyliaief, La vieille Moscou, pp. 298 et suiv

3. Archive d'Ostafiévo, Viazemski à Tourguénief, III, p. 196.

4. Armand Domergue, La Russie pendant les guerres de V Empire, 1, p. 18(K

LA SOCIÉTÉ GALLOMANE. 217

compose — en français, bien entendu — des comédies imitées de Molière, qu'il joue à sa sœur, quand précepteur et gouvernante ont le dos tourné, et qu'il raille ensuite en des épigrammes que son oncle Vassili n'aurait pas désavouées.

Soirées théâtrales et petits vers mènent aux soirées littéraires. Là-bas, à Paris, chez Mme de Genlis, Millevoye et le comte de Sabran disent leurs vers debout contre la cheminée, devant un demi-cercle d'auditrices; Legouvé lit le Mérite des femmes chez Mlle Contât; Chateaubriand lui-même apporte chez Mme de Beaumont des fragments de René et iïAtalaK Nous voyons donc, à Moscou, des gens du monde se réunir pour relire telle lettre de Mme de Sévigné, discuter le dernier roman de Mme de Genlis ou de Ducray-Duminil, citer La Harpe, dont Y Athénée, richement relié, trône sur la table du maître de la maison, écouter enfin les vers de quelqu'un des assistants ou des assistantes2. Ce ne sont, à Moscou comme à Paris, que dizains, sixains, quatrains, couplets, . madrigaux, logogriphes, impromptus, devises, bouquet, stances, etc., parfois en russe — comment, hélas, faire autrement? — parfois aussi en français.

Ils sont, en effet, toute une pléiade, les Repnine, les Golènichtchef-Koutouzof, les Koutaïssof, les Pouchkine, et beaucoup d'autres, qui manient notre vers à peu près aussi bien que le russe, et qui les remplissent, l'un et l'autre, des mêmes idées et des mêmes images3. Le prince Biélossielski est le plus parfait représentant de leur espèce4. Jadis diplomate, et rappelé, dit-on, pour son refus d'écrire ses dépêches autrement qu'en vers, il est, à Moscou, le Mécène des émigrés qu'il héberge et régale, après dîner, de la vue de sa galerie de peinture, et de la lecture de ses vers qui, à tout prendre, sont encore moins mauvais que ses

1. Vicomte de Broc, La vie en France sous le premier Empire, pp. 420, 436, etc.

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