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Voyage en Russie, en Tartarie et en Turquie, I, p

4. Jikharef, ouvr. cité, passim. — Lettre de Makarof, dans Documents historiques, etc. — Pypine, Le mouvement social..., p. 74.

LA SOCIÉTÉ GALLOMANE. 219

pourra vous prêter les classiques; et chez certains magnats, vous aurez chance de rencontrer l'ouvrage rare qui n'existe plus à Paris. La Révolution a enrichi la Russie ; la Bibliothèque impériale a reçu les acquisitions de Doubrovski i ; la collection Razoumovski est célèbre par ses incunables; celle de Michel Galitzyne, par son psautier de saint Louis; celle de Boutourline, à la fois par ses estampes et par ses suites de livres sur la France et Paris qui sont absolument complètes ; plutôt que d'en laisser sortir un seul volume, le maître du logis en fera venir de France un nouveau, pour amis2.

Dans ces collections, les livres français sont en écrasante majorité3; Soltykof, par exemple, en a 5 000 pour une centaine d'autres. La plupart sont des classiques, mais la nouveauté est toujours recherchée. « Dites-moi, marquis, demande laLoukéria de Krylof, que lit-on maintenant à Paris4? » Le marquis n'en sait rien, et pour cause; mais un vrai Français eût cité Mme de <jenlis, et Loukéria eût aussitôt fait venir ses œuvres. Vers 1810, elle est l'idole du public; le vieux Koutouzof lui consacre sa soirée d'avant Borodino3, et Pogodine, qui a dix ans, se nourrit de Victor ou l'enfant de la forêt, Alexis ou la maison dans la forêt, Lolotte et Fanfan, Célina ou V enfant du mystère, Catherine ou F enfant trouvée, etc. 6, qui sont tous, sinon de Mme de Genlis, du moins de sa lignée, avec « les qualités qu'on admire en elle, l'action, la connaissance du monde et du cœur humain, et plus que chez Marmontel lui-même, le don de faire aimer la vertu7 », C'est là l'avis unanime des lectrices qui, maintenant, sont légion : quand Pouchkine dépeindra Yintelligence de ce temps,

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