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honneur- Ils sont paresseux souvent, et parfois querelleurs au point qu'il faut leur retirer l'épée. Peut-être le vin était-il trop bon marché, à Toulon, pour des Russes fraîchement arrivés de leur pays1.
Les étudiants restés à Paris n'y faisaient pas meilleure figure, mais pour d'autres motifs. Dans V Arabe de Pierre le Grand, Pouchkine a dépeint leur vie, à propos de son aïeul Hannibal, d'une façon qui ne répond guère à la réalité. On ne les voyait pas, dans les salons, écouter avec la déférence narquoise du Persan de Montesquieu, la conversation des beaux esprits, ou, dans les boudoirs, conter fleurette à des marquises que charmait la grâce de ces barbares de la veille. Pour briller ainsi, il leur aurait fallu et plus d'éducation première et plus de ressources matérielles. Même pour travailler, ils n'avaient pas le nécessaire. Ils pouvaient trouver à Paris des maîtres disposés à leur inculquer la science universelle pour 720 livres2, mais où les auraient-ils prises, ces 720 livres, alors qu'ils n'avaient pas de quoi payer le moindre fournisseur? « Comment travailler, en hiver, sans feu ni chandelles? » écrivent-ils à Zotof, que d'ailleurs Pétersbourg néglige autant qu'eux. Le plus clair de leur temps se passe à crier misère et à expliquer au Tsar, en d'humbles requêtes, que, puisqu'ils savent déjà « la philosophie et les sciences », il est temps de les rappeler en Russie et de les y munir d'emplois 3. Ils repartiront, pour la plupart, en 1724 et 1725, et nous en retrouverons plusieurs, par la suite, occupés à traduire des livres français4.
Quant aux Français eux-mêmes, il y en a beaucoup, depuis 1717, que la paix en Occident et le prestige nouveau du Tsar ont décidés à partir pour la Russie. Ce sont des fonctionnaires — un certain Magnan entre au collège des Finances