‹ La Culture française en RussieChapitre 22 sur 518 · Archive russe, 1869, pp · texte numérisé non relu

Archive russe, 1869, pp

en H201 — des ingénieurs, des architectes, des artisans. A Kronstadt, l'ex-Brestois Pangolo construit des frégates; à Revel, à Pétersbourg, d'autres Français creusent des bassins et tracent les plans du futur canal de la mer Baltique à la mer Blanche2 tandis que Blondel « prépare un nouveau plan de la capitale avec tous ses ouvrages antérieurs qu'on doit reconstruire pour en faire une des plus fortes places et des plus régulières de l'Europe3 ». Il propose donc d'exhausser le sol, de creuser de nouveaux canaux, de refaire tous les quartiers, chacun avec la même place ornée de la même fontaine, chacun attribué à une nationalité distincte. Le Tsar ne goûta pas ce projet; il s'ensuivit des disputes et, dit-on, des coups de canne, dont Blondel serait mort, mais seulement l'an d'après.

Il faut, d'autre part, beaucoup d'industriels ou d'artisans, soit pour des industries nouvelles, soit pour remplacer, dans les autres, les Anglais dont on ne veut plus ou qui n'en veulent plus4. Pierre engage donc, à Paris, plus de cent familles qu'il expédie à Menchikof3; un peu plus tard, « le baron de Vigoureux, gentilhomme français au service de Sa Majesté, est en route pour la France, afin d'engager encore plusieurs manufacturiers d'étoffes6 », et nous apprenons bientôt l'arrivée des Montbrion, Loubattié, Delannoy, Beurnonville , venus pour faire, qui des bas, qui des armes, qui du cristal ou de la soie7. Des artisans se groupent autour d'eux; il y a maintenant, à Pétersbourg, près du palais de Menchikof, une « rue des Français » où logent des joailliers, des graveurs, des dessinateurs, et même un peintre, le Marseillais Caravac, qui, engagé par

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