‹ La Culture française en RussieChapitre 210 sur 518 · Antiquité russe, décembre · texte numérisé non relu

Antiquité russe, décembre

à grossir les défauts de ce temps. Vers 1820, Pouchkine pourra railler Moscou,

Ses pimbêches en robe à traîne, Ses jeux où Ton bâille et s'endort, Le rire épais de ses Mécènes, Leur sottise en lunettes d'or1....

les critiques pourront flétrir — et justement à propos de notre ami Vassili Pouchkine — « ces types répugnants de Russes francisés »; la société de ce temps a eu pourtant son charme2. Si miss Wilmot a pleuré en quittant Moscou, ne la croyons pas, quand elle assure que c'est par regret des montagnes de glace. De son côté, Joseph de Maistre se prend à écrire des Russes qu'ils sont « bons, humains, hospitaliers, spirituels, intrépides, entreprenans, heureux imitateurs, nullement pédans3... », et ce ne sont pas là précautions oratoires destinées à faire passer le jugement qu'il porte ensuite sur leur mobilité. D'autre part, nous entendrons bientôt les prisonniers de 1812 célébrer « la grâce infinie » avec laquelle des Russes ont soulagé leur misère. Un jour viendra enfin où Pouchkine regrettera, dans cette Moscou qu'il a raillée, même la grâce de ses gallicismes. Il se pourrait que, dans le mélange dont parle Griboiédof, l'amabilité eût eu la plus grosse part.

i. Epître à Vsévolojski.

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