Messager de Moscou. — Voir Soloviof, Kararhzine, p
6. Potez, Vêlégie en France avant le romantisme, pp. 19 et suiv.
fret, Baraton, Panard, Cotin, La Monnoye, François de Neufchâteau, Maleville, Gombaud, Lebrun, Desmoutiers, Roy, Grécourt, Lamotte, Guichard, Nogent, etc.? De ces imitations, on sait bien que la pire est celle où le comte Khvostof a doté de dents aiguës, pour ronger les rets du chasseur1, le pigeon trop volage, mais on discute fort pour savoir laquelle vaudra à son auteur le titre envié de « La Fontaine russe » . Quelquesuns tiennent pour Joukovski et sa traduction du Rêve d'un habitant du Mogol, bien qu'il n'y ait pas rendu, dans toute leur beauté, les vers du maître
Solitude, où je goûte une douceur secrète...
D'autres sont pour Dmitrief « qui, seul, a ravi le secret de La Fontaine et des Grâces2 ». La génération suivante jugera qu'il a tout au plus entrevu celui de Florian et de Legouvé3, et la palme restera à Krylof. Celui-ci a tout de son modèle, même ses distractions, et pourtant il est national jusqu'au bout des ongles; personne ne sait comme lui russifier une fable avec des épithètes et des proverbes qui font sortir le moujik du Champenois ou du Normand. Il n'est pas jusqu'à la lenteur de son dialogue qui n'aide à la métamorphose. Il allonge La Fontaine de même que celui-ci avait allongé Phèdre, mais comme il sait relever d'un vers spirituel, qui n'est pas toujours chez le maître, le récit déjà trop long pour notre impatience française !
De la fable, on passe aisément à l'idylle et, de l'idylle, à l'épître; comme à Paris, on imite Catulle, Horace, Properce, Tibulle. On imite encore plus leurs imitateurs, Dorât et Parny, en des stances, à vrai dire, plus variées dans la forme que dans le fonds; ce qu'elles chantent, c'est toujours l'heureuse médiocrité, la paresse philosophique, la solitude auprès d'un clair