‹ La Culture française en RussieChapitre 23 sur 518 · Société historique, XXXIV, dépêche de Lavie, i mai · texte numérisé non relu

Société historique, XXXIV, dépêche de Lavie, i mai

7. Pingaud, Les Français en Russie. — Waliszewski, Pierre le Grand, passim.

le jeune Lefort sur le refus' de Nattier, peindra beaucoup de portraits, formera des élèves, et, pour sa peine, sera fait colonel *.

Au nombre de ces Français on pourrait croire qu'ils vont prendre entièrement la place occupée jusqu'alors par les Anglo- Allemands. En fait, lé mouvement ne dure pas. D'une part, / les agents du gouvernement français s'opposent, tant qu'ils peuvent, à cette immigration, dans la crainte que le progrès de l'industrie russe ne fasse tort à la nôtre3. D'autre part, nos Français sont vite découragés, et par l'aspect du pays, et par la négligence du Tsar à tenir ses promesses. Laissés sans aide, en dépit de leurs contrats, réduits bientôt à la misère, ils affluent chez le consul de France, demandent des secours, un passeport pour s'en retourner, heureux quand ils peuvent en profiter; car, si on ne les paye pas, on entend les garder tout de même. Avec quelle joie, après une fuite heureuse, ils revoient le sol natal! « Je me trouve fort heureux, écrit au Régent l'ingénieur Lambert de Guérin, d'être sorti sain et sauf des États de ce prince, et de me retrouver dans le plus florissant royaume de l'univers, où du pain et de l'eau valent mieux que toute la Moscovie4. »

Ceux qui restent, sont, pour la plupart, ou des Français du dehors, nés, pour leur malheur, hors du « plus florissant royaume de l'univers », ou des protestants auxquels il est fermé. Les uns, militaires, vivent maigrement d'une solde irrégulière; les autres, commerçants, exploitent le luxe des grands seigneurs, de concert avec les autres étrangers dans la masse desquels ils tendent à se fondre. En 1720, les pasteurs et les anciens de la communauté française réformée de Pétersbourg constatent qu'il y a parmi eux nombre d'Anglais, de Hollandais, de Suisses,

Page 1