Voir Archive russe, 1869, pp
2. Mémoires de la comtesse Golovina, chap. xiv, xv, xxi, passim.
de la Révolution que, jadis, du pauvre janséniste Jubé de la Cour1.
Joseph de Maistre a donc raison de noter, vers 1810, que « la conversion des esprits à notre foi est très rapide, et les passages au catholicisme remarquables, tant par le nombre des personnes que par la position qu'elles occupent dans le monde 2 » : il oublie seulement d'ajouter que la plupart de ces adeptes sont des femmes. Celles-ci, en effet, sont plus accessibles que les hommes, et à l'angoisse mystique, et à l'ascendant personnel des propagandistes, et à l'appel de la mode qui fait qu'à un moment, se convertir est un geste élégant. « J'en ai rencontré hier dans une soirée, fait dire Tolstoï à Rostoptchine, de ces dames catholiques qui font de la tapisserie le dimanche, en vertu d'une dispense du Saint-Père, mais qui sont à peine vêtues, et dignes de servir d'enseignes à un établissement de bains 3. » Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, que la comtesse Rostoptchine, elle aussi, s'est convertie, et qu'elle communie à la barbe de son époux, en plein bal, avec une hostie que l'abbé Surugues lui a apportée dans une bonbonnière en or *.
Beaucoup de ces conversions ont peu duré, « J'ai connu, écrit Viazemski, des femmes qui s'étaient converties quand c'était le courant, et qui sont revenues dans le giron de l'église orthodoxe dès qu'il a été passé 8. » Mais d'autres ont persisté. Tel est, par exemple, le cas de la comtesse Chouvalof. Quand elle était petite, le pope venait lui apprendre le catéchisme, mais elle l'écoutait avec ennui, car elle savait déjà, par des propos de grandes personnes, que la Bible est pleine d'inventions ridicules. Devenue grande à son tour, elle concède à sa sœur que le Christ était un profond législateur; sur quoi sa