‹ La Culture française en RussieChapitre 232 sur 518 · Pypine, Le mouvement social..., p · texte numérisé non relu

Pypine, Le mouvement social..., p

3. Le Grand-duc Nicolas Mikhaïlovitch, ouvr. cité, II, pp. 87 et suiv.

ment organiser les académies, les lycées, les instituts de tout genre? quels programmes, quel personnel leur donner? On entend alors Joseph de Maistre prophétiser que l'histoire, la géographie, et surtout les sciences ne feront que des révoltés ; assurer qu'en fait de maîtres, les jésuites seuls sont sûrs; et que, l'eau russe étant tranquille encore, il vaut mieux ne pas la troubler1. Pour conclure, on adopte, comme toujours, une cote mal taillée : tandis que, sur un modèle cru anglais2, on crée de nouvelles Universités à Kazan, à Kharkof, à Vilna, à Pétersbourg, on laisse des magnats fonder, à Iaroslav et à Niéjine, des lycées qui ressemblent à ceux de Napoléon, et nous verrons bientôt l'Empereur avoir le sien.

Cependant, la Russie, après deux guerres contre Napoléon, est devenue son alliée à Tilsitt. Or, Alexandre compte profiter de ce rapprochement pour mieux pénétrer les institutions auxquelles — on n'en doute guère — la France doit une part de "ses succès : aussitôt comprises, on les imitera. Les anglomanes ne répondent donc plus aux besoins de la Russie, et Popo Stroganof encore moins, puisque son « jacobinisme » lui fait détester Napoléon. En 1808, le temps de Spéranski commence.

Ce nouvel « homme du jour » est un fils de pope qui, élevé par un Français avec des petits Galitzyne dont il a partagé les leçons, s'est rapidement élevé des humbles fonctions de secrétaire aux plus hauts emplois, grâce à ses talents et aussi à l'amitié de Kotchoubey et de Stroganof. Après Tilsitt, il se trouve tout naturellement porté à leur place. Esprit absolu, à la française, il est l'homme qu'il faut pour « trancher dans le vif, tailler en plein drap », sans aucune de ces préoccupations de caste qui s'étaient mêlées jusqu'alors aux projets de réforme

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