Antiquité russe, 1900, novembre, pp. 270 et suiv
3. Mémoire sur V éducation nationale. Voir Antiquité russe, 1901, novembre, p. 28.
de Maistre en i809.... Je commence à croire que je pourrais bien avoir été trompé. L'esprit général du siècle, la fréquentation des étrangers, la lecture de livres pernicieux, l'imprudence du gouvernement qui favorise de toutes ses forces une instruction dangereuse... tout cela aura son effet naturel1. »
Encore Joseph de Maistre oublie-t-il, dans son énumération, l'influence que pouvaient avoir certains Français au service russe. Pendant que Spéranski faisait du napoléonisme dans la vieille Russie, une Russie nouvelle grandissait, sur les bords de la mer Noire, sous le gouvernement libéral du duc de Richelieu . Après lui, sa tradition de tolérance et d'honnêteté sera continuée par un autre Français, Langeron, de sorte que les Russes du Nord qui visiteront ces provinces nouvelles, y verront « une terre d'asile3 ». Ce n'était pas précisément la liberté qu'on y trouvait, mais au moins le « despotisme éclairé » ou, si l'on veut, « la dictature de l'honnêteté ». Qu'elle ait eu, malgré la création du lycée français d'Odessa, une répercussion sérieuse sur l'histoire de la société et de la culture, il serait excessif de le croire. Il n'en est pas moins vrai que c'est encore là une de ces infiltrations françaises qui trouveront leur « effet naturel », dans la tentative de révolution de 1825.
i. Correspondance diplomatique, 10/22 août 1809, p. 336.