‹ La Culture française en RussieChapitre 241 sur 518 · Archive russe, 1876, X, pp · texte numérisé non relu

Archive russe, 1876, X, pp

danse, tous deux Français, pour que toute la société l'admire comme Font admiré ses parents. Et pourtant, que vaut-il? A dix-huit ans, il pue l'alcool et le tabac, son sourire est cynique, et cependant, au même âge, l'étudiant d'Oxford est chaste et grave. Pourquoi le Russe n'a-t-il pas les mêmes maîtres? il serait, lui aussi, et chaste, et blond, et rose!

La nature slave, en effet, garde docilement toutes les empreintes : « Une poule élevée par un canard, dit Chichkof, ne devient pas un canard, mais il n'en est pas de même d'un Russe élevé par un Français * » . Il cesse tout à fait d'être de son pays. « J'ai connu, écrit Alexandre Tourguénief, une masse de princes Troubetzkoï, Dolgorouki, Galitzyne, Obolenski, Chtcherbatof, Volkonski, Mechtcherski, etc. — ils étaient innombrables ! — qui n'auraient pas su écrire deux lignes en russe2. » Tel d'entre eux ne sait pas où sont ses villages, mais il n'ignore rien du Versailles de Saint-Simon3; proposez-lui de le renseigner sur la Russie, il répondra qu'il est occupé, * qu'il lit Faublas1". Sa patrie, c'est le Pont des Maréchaux, et son paradis, c'est Paris. De quel secours sera-t-il, ce déraciné, au jour de la lutte suprême contre Napoléon?

Mais ces accusations ne produisent pas sur la société l'effet que les gallophobes en attendaient. « Ton Sila Andréiévitch, écrit Golovine à Rostoptchine, fait les délices du Club anglais; on le lit dans tous les coins; les rires de joie et l'approbation de ses sentiments sont généraux dans la classe moyenne.... Pour ce qui me regarde, mon ami, après avoir beaucoup ri de cette aimable production, j'en ai blâmé l'auteur5..., » C'est que Golovine pense, comme la Técla de Krylof, qu'éloigner les

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