Roy, II, p
tion et leurs bons mots1 ». Quelques-uns, les moins doués, se contentent de faire le boston de leur hôte ; d'autres parlent politique, mais c'est périlleux et peu agréable aux dames; il vaut mieux faire des calembours, si l'on peut, et même des vers. Domergue, Fex-directeur du théâtre de Moscou, arrive à Nijni enchaîné; des Moscovites qui s'y sont réfugiés le reconnaissent, le délivrent, l'équipent de neuf, et l'emmènent dans des salons où « les belles fugitives, couvertes de diamants, dansaient des quadrilles français, en robes françaises, et maudissaient les Français en français 2 » . Au début, il est accueilli « avec une politesse un peu froide », mais il se met à rimer des couplets, en l'honneur des nobles dames. « Cette poésie à la Dorai, et quelques traits d'esprit que j'y apportai (des calembours?) me firent valoir à tel point que les invitations allèrent pleuvant.... Ce séjour à Nijni a été une des époques les plus agréables de ma vie 3. »
On peut aussi jouer la comédie, faire de la musique. AMgline, le maréchal de la noblesse régale Laflize et ses compagnons; après dîner, le capitaine Baratier joue de la flûte, et c'est le tour du maréchal d'être ravi : « Si vous voulez rester en Russie, vous gagnerez tout l'argent que vous voudrez! » Chez le comte Goudovitch, la société se promène dans le parc; tout à coup, de derrière un bosquet, un air d'opéra se fait entendre ; c'est le major Breton qui, ayant trouvé un vieux cor de chasse, l'a remis en état et y fait passer les nouveautés des années précédentes; son succès est foudroyant4. Chez les Milkovitch, à Stavropol, Francesco Baggi, de Modène, et son ami Pacchioni, tous deux de la Garde royale italienne, organisent une fête pour leurs hôtes5. Les deux Italiens y ténoriseront ; le médecin-