Biélokourof, ouvr. cit
ht. Annales de la littérature russe, édit. par Tikhonravof.
de Molière, de Boileau, de Saint-Evremond, le Dictionnaire de Bayle, les Lettres de Voiture ,' les Conversations de Mlle de Scudéry, et les tragédies de Pradon, dont la présence inattendue fait ressortir l'absence de celles de Racine. On peut croire d'ailleurs que, bonnes ou mauvaises, ces œuvres illustres ont été moins lues que les Devoirs des gentilshommes, V École du monde, par M. Le Noble, le Modèle du chevalier français, etc., et les Secrétaires ou Epistoliers qui sont pleins dte formules précieuses pour les plumes inexpérimentées. A rivaliser d'intérêt avec ces codes mondains, il n'y a eu sans doute que les Contes de La Fontaine, avec des estampes, V Histoire amoureuse des Gaules, de Bussy-Rabutin, et les Amours des dames illustres, de Brantôme.
A côté de ces bibliothèques de fonctionnaires ou d'amateurs, il y a une littérature franco-russe officielle, faite tout entière de traductions commandées par le Tsar. Une des premières a été, semble-t-il, celle du Traité des fortifications, de Vauban, par Vassili Souvarof, le père du futur généralissime. Celle du livre de Blondel sur le même sujet a été faite un peu plus tard, par Zotof, et lui a valu une sévère mercuriale ; « Il ne faut pas traduire mot à mot, lui écrit le Tsar, mais comprendre et faire comprendre2 ». Volkof, qui a débuté, lui aussi, par un traité d'art militaire, est passé à l'histoire des Grecs et des Romains, puis à celle des ordres de chevalerie et des institutions maritimes pour finir par des manuels de jardinage 3, et l'on se demande comment, en des sujets si divers, il a pu toujours « comprendre et faire comprendre ». Ce qu'il y a de sûr, c'est que ces livres et beaucoup d'autres du même genre ne se sont jamais vendus. Nous verrons, en 1736, l'Académie des sciences proposer, pour les écouler, de les distribuer d'office