Archive russe, 1887, VI, p. 244. V. plus haut, p
au départ des Alliés... Eh bien, l'officier russe qui y joue est le seul qu'on n'ait pas rendu ridicule. La pièce a plu1. » Il est juste d'ajouter que, dans les chansons comme dans les caricatures, le Cosaque est toujours fort maltraité, et que cependant, malgré tous les attributs de barbarie dont elles l'entourent, elles font toujours une différence à son avantage. Dans une gravure de 1819, les alliés s'en vont : trois d'entre eux, chargés d'une foule d'énormes paquets, entraînent avec peine le quatrième, le Cosaque, qui gesticule, titube fortement, mais du moins n'emporte rien.
A défaut d'un butin plus effectif, les Russes ne pouvaient pourtant pas ne pas rapporter de France des impressions capables d'influer, un jour, sur le progrès de leur culture et peut-être de leurs institutions.
Pour la masse des soldats, la France est évidemment, avant tout, le pays où l'on vivait bien. Dès la fin de 1814, Domergue en rencontre quelques-uns, près de Moscou, qui lui parlent du pain blanc qu'ils ont mangé là-bas, des bons traitements qu'ils ont reçus des habitants2. Ce bien-être a dû faire souvent qu'ils ont quitté la France avec moins de joie que ne le prétend Rostoptchine3, et le fait est que, quelquefois, ils n'ont pas voulu la quitter4. Les voyageurs des années suivantes parlent souvent de déserteurs russes rencontrés à Paris; d'autre part, à la campagne, dans plus d'un village de l'Est, la tradition locale conserve le souvenir de « Cosaques » qui y sont restés après 1816, et dont il est d'ailleurs impossible de retrouver la trace.
Les sentiments des officiers sont plus complexes. Quelques-