‹ La Culture française en RussieChapitre 273 sur 518 · Archive russe, 1868, p · texte numérisé non relu

Archive russe, 1868, p

4. Mémoires de Sverbéief, I, p. 370; d'Edouard de Lôwenstern, pp. 290, 291; de N. N. Mouraviof, etc.

uns se disent dégoûtés de la France. « C'est un vilain pays, en effet, leur répond Ducret, que celui où Ton trouve autant de plaisir à faire de la dépense... mais où l'on poursuit sans miséricorde un débiteur, fût-il un prince1! » En tout cas, mécontents et mauvais payeurs sont la minorité. La plupart s'en vont avec tristesse ; Rostoptchine l'avoue 2, et d'innombrables anecdotes le confirment, d'ailleurs pas toujours très vraisemblables. On ne sait trop que penser de l'histoire, rapportée par M. d'Haussonville, du lieutenant-colonel logé à Gurcy chez ses parents. Il est bien élevé, agréable causeur, bon musicien, si doux que, ne voulant pas corriger de sa main son ordonnance, il l'envoie à la cuisine se donner un soufflet à lui-même. Quand l'ordre de départ arrive, ce lieutenant-colonel demande une entrevue au maître de la maison; on se figure — et on en est fort perplexe — qu'il s'agit d'une demande en mariage. Pas du tout : le lieutenant-colonel n'ambitionne que de rester dans la maison, fût-ce à titre de simple majordome3.

Quel est le prestige français assez fort pour susciter des velléités pareilles? Assurément, ce n'est pas celui de la nation en bloc; après 1814, nous avons baissé, dans l'estime des Russes, moins par notre défaite que par la façon dont nous l'avons acceptée. « Messieurs les Français, écrit la princesse Tourkestanova, après la prise de Paris, vous pouvez être aimables, brillants et spirituels; mais, sous le rapport d'un caractère national, vous n'êtes que delà drogue..,. L'envie de conserver ce que vous avez, la peur de le perdre, vous ne pensez qu'à cela4. » Batiouchkof, si souvent indulgent pour nous, conclut pourtant de son séjour en France que « cette nation ne mérite pas d'estime ». Tous les Russes de 1814 et de 1815 sont persuadés, comme Alexandre à son départ de Paris, que depuis

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