‹ La Culture française en RussieChapitre 274 sur 518 · Archive russe, 1868, p · texte numérisé non relu

Archive russe, 1868, p

3. Comte Charles d'Haussonville, Souvenirs, pp. 111-115. L Archive russe, 1882, IV, p. 112.

qu'ils sont tirés de leurs voies trapitionnelles, on ne peut rien fonder sur les Français4.

Alors, s'agit-il simplement de Champagne, du Palais-Royal, des boulevards? Oui, sans doute, pour quelques-uns; mais, pour la plupart, il y a une séduction française plus forte, plus insinuante, dont ils ne parlent guère dans leurs lettres, et dont beaucoup n'auront pleine conscience qu'après leur retour en Russie; c'est la séduction des mœurs plus douces, de la liberté plus grande, de la dignité humaine mieux respectée. Déjà, ceux de 1814 l'avaient ressentie : quand la Garde rentrait à Pétersbourg, la foule se pressait autour d'elle; la police l'avait alors chargée, et sans autre forme de procès, rossée impitoyablement. « Cela nous fît une mauvaise impression, » raconte un futur décembriste. S'il en était ainsi après quelques mois passés presque entièrement à guerroyer, que penseront, en retrouvant les mœurs russes, les officiers qui, pendant trois années de paix, se seront occupés, en France, avec des Français, d'écoles lancastnennes ; qui n'auront plus frappé leurs hommes, qui auront assisté à l'éclosion de notre liberté politique? Que penseront eux-mêmes es soldats, quand, vétérans couverts de cicatrices et de décorations, ils se trouveront sous les ordres d'un colonel Schwartz, qui leur tirera les moustaches et leur crachera à la figure2?

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