CHAPITRE XXIII
La situation créée par la victoire des Russes.
Les rapports officiels pendant la Restauration, sous Louis-Philippe. Le pessimisme
russe sur la France parlementaire. Sa contre-partie : le culte de la France du
passé, de celle de l'avenir.
Les événements que nous venons de voir se dérouler n'ont pas pu ne pas modifier profondément les rapports de la Russie et de l'Europe occidentale. Naturellement, les Russes tirent de leur victoire la conclusion qu'ils ont des vertus trop longtemps méconnues, « qu'après avoir vaincu Napoléon, ils étonneront le monde par leur esprit1 », et qu'en attendant, ils peuvent le prendre de haut avec les étrangers, « les uns, parce qu'ils ont succombé, les autres parce qu'ils n'ont joué, dans les dernières luttes, qu'un rôle secondaire2 ». Mais est-ce sur la France que tombe la plus grosse part de ce dédain? D'avance on pourrait le