‹ La Culture française en RussieChapitre 277 sur 518 · Archive russe, 1882, IV, p · texte numérisé non relu

Archive russe, 1882, IV, p

autour de lui que propos désobligeants sur la Cour des Tuileries, sur les ridicules des vieux émigrés redevenus gentilshommes de la chambre, sur le souverain lui-même. « Oserai-je l'avouer? écrit Noailles à Richelieu, l'auguste famille des Bourbons est calomniée ; on voudrait lui faire un tort de son bonheur, et l'on ne pense pas assez à ses malheurs. » Il y a détente par la suite, et surtout au moment de l'affaire grecque; mais des Fitzjames et des Larochejacquelein ont beau reprendre, dans les rangs russes, la tradition des Richelieu et des Damas *, on ne voit tout de même à faire profession de légitimisme, parmi les Russes, que Mme Svetchine2 et l'excentrique Grand-duc Constantin. « N'est-il pas vrai, dit-il à son lecteur, le comte de Moriolles, que je suis Français tout comme vous? Si j'étais député, je siégerais à la droite de votre Chambre3. » Cependant, à Paris, l'ambassadeur Pozzo di Borgo déconseille le coup d'État que veut cette droite, et personne, à Pétersbourg, après l'échec de ce coup d'État, ne plaint les gens qui ont cherché leur malheur 4. Les ambassadeurs de Louis-Philippe sont donc agréablement surpris de ne pas trouver de « carlistes » en Russie, si ce n'est l'Empereur, « qui est seul de son sentiment5 ».

Ce carlisme de Nicolas Ier tient d'ailleurs moins à des sympathies pour la branche aînée des Bourbons qu'à son antipathie pour la cadette. A son avis, le duc d'Orléans aurait dû se comporter, en juillet 1830, comme lui-même, Nicolas, en décembre 1825, et rester fidèle, jusqu'au bout, à l'héritier légitime. Pour ne pas l'avoir fait, il est méprisable, et Nicolas ne perd aucune occasion d'affirmer le dégoût qu'il en ressent. « Il y a des gens qui ne peuvent souffrir les crapauds ; d'autres détestent les araignées; moi, c'est Louis-Philippe. » Il faudra de longues

1. Noailles à Richelieu, 6 mars 1818, Société historique, GXIX.

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