Sverbéief, Mémoire?) I, p
somptueux de la rue de Rivoli ; qui, dans une modeste chambre meublée — c'est d'en sortir pour flâner au hasard. « C'est là le plus doux de tous les plaisirs, dit Sverbéief, et nulle part il n'est aussi doux qu'à Paris1. » Puis, à la vue des boutiques de modes, ils songent à se remettre à la hauteur de la civilisation. Un prince Galitzyne se pâme d'aise en découvrant un nœud de cravate encore inédit en Russie2; le comte Nouline imaginé par Pouchkine achète en masse « fracs, gilets, chapeaux, corsets, manteaux, épingles, lorgnons, agrafes, foulards à fleurs et bas à jour... pour s'exhiber — animal rare! — à son retour à Pétersbourg3 ». Entre deux emplettes, on va dîner, le plus souvent chez les Frères Provençaux, car l'étoile du Palais-Royal pâlit maintenant qu'il se moralise : Gretch, qui le visitera vers 1827, n'y trouvera plus à louer que « la belle limonadière », majestueuse derrière ses petites montagnes de sucre4.
Une fois équipé, restauré, on peut se mettre à la recherche des amis qu'on doit avoir dans Paris. Ce n'est pas à l'Ambassade qu'on les trouvera — elle ne comprend, en fait de Russes, qije ceux dont il était impossible de se passer, le pope et un secrétaire5; mais, en tout autre endroit élégant, on a chance de se heurter à un Chouvalof, ou à un Galitzyne, ou à un Gagarine, ou à un Stroganof, ou à un Orlof, ou à un Narychkine, ou à tous à la fois6. Quelques-uns reçoivent régulièrement; Mme Svetchine, établie enfin dans la vraie patrie de son esprit, y tient salon, et Rostoptchine nous a déjà dit qu'elle y « joue les Sévigné, assise entre la sensibilité et l'esprit7 ». Des salons russes, l'amateur de relations mondaines passera faci-