‹ La Culture française en RussieChapitre 29 sur 518 · Piékarski, Histoire de V Académie des sciences · texte numérisé non relu

Piékarski, Histoire de V Académie des sciences

2. Péretz, Journal du Ministère de V Instruction publique, juin 1906, pp. 383 et suiv.

3. Vessélovski, L'influence occidentale..., p. 39 (3e édition).

4. Antiquité russe, 1895, janvier, article de Mme Bi élozerskaia.

mieux vaut la mort que la liberté sans Dorida ! » s'écrie Mons, plus tard décapité pour avoir trop plu à une Dorida qui n'était autre que l'impératrice Catherine1.

Au fur et à mesure que des idées et des sentiments nouveaux pénètrent en Russie, des mots étrangers y pénètrent aussi. Jusque vers 1710, ils sont allemands ou italiens; un peu plus tard, un déluge français les submerge. Ce sont d'abord des mots politiques ou militaires ; la Russie, en effet, s'est engagée dans des antréprisy pour lesquelles son monarque a besoin, d'une part, d'alliatzy avec divers potantaty, et de l'autre, de beaucoup de marchaly, généraly, brigadiry, maiory, kapitany, kornéty, etc., pour commander, dans les batailly, ses soldaty, dragouny, grenadéry ou rnouchkatéry . Puis, avec la paix, viennent les mots *de Cour. Les kourtisany se réunissent dans des apartamenty ornés de baldakhiny et de potréty; dans leurs assembléy, ils se font, en grande tsérémonia, des komplirnenty et même des présenty; les uns jouent aux karty, d'autres font de la mousika, en attendant le moment de banketovat, parfois avec excès, de sorte que la natoura, prenant sa revange, les obligera à faire chercher lesmédiky. Ceux-ci viendront avec divers instroumenty, et s'ils n'usent pas de leur lantsett, ils donneront du moins le klichter que Molière a rendu obligatoire. Et c'est ainsi que, de plus en plus, le mot étranger, français ou francisé, se fait sa place, et se superpose, la plupart du temps, à un mot russe déjà existant, mais dont il est, en quelque sorte, le superlatif distingué 2.

En définitive, pendant ce règne où quelques historiens ont voulu voir le triomphe des influences anglaise, hollandaise ou allemande, la culture française a pénétré en Russie sans y rencontrer d'autres obstacles que ceux qui résultaient d'un état de guerre presque perpétuelle. A la vérité, les Allemands sont plus

1. Péretz, Journal du Ministère de VInstr. publique, 1905, octobre, pp. 290 et suiv.

2. Du même, Monuments du théâtre russe à V époque de Pierre le Grand. — Rapprocher de tous ces mots cheramyga, aigrefin, de cher ami.

nombreux que les Français, à la Cour et à l'armée, et plus influents qu'eux, mais les exemples qu'ils donnent, dès qu'ils sont tant soit peu cultivés, sont des leçons de mode française. Et voici que déjà, par-dessus leur tête, des Russes imitent directement les Français, et que, d'autre part, le succès de nos œuvres, même des plus frivoles, témoigne d'affinités entre l'esprit français et l'esprit russe.

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