‹ La Culture française en RussieChapitre 292 sur 518 · Archive d'Ostafiévo, III, p · texte numérisé non relu

Archive d'Ostafiévo, III, p

4; P. Viazemski, Œuvres, VII, p. 481.

aux mathématiciens, à Fournier, Poisson, Cauchy, Ampère, qui bientôt le connaissent et l'apprécient; en 1825, Cauchy rend compte à l'Académie des sciences, dans les termes les plus élogieux, d'un travail d'Ostrogradski. Le Journal des Débats en parle à son tour, et voilà qu'avec lui la gloire du jeune étudiant vole jusqu'à Kharkof. « Regarde, André, dit un jour au frère d'Ostrogradski le professeur Pavlovski; regarde ce qu'a fait Michel!... » et leurs yeux se mouillent de larmes1. Cependant, encouragé, aidé de toute façon, il devient à son tour un maître dont les élèves goûteront, non seulement la science, mais encore l'élégance et la précision, et cet art français de réveiller l'intérêt par une anecdote, une réflexion générale, une plaisanterie 2.

Il y a enfin, suivant une tradition déjà ancienne, des Russes à l'Ecole des Beaux-Arts ou dans les ateliers qui l'entourent. L'un de ces Russes, le graveur Jordan, arrivé à Paris comme pensionnaire de l'Académie des Beaux-Arts, sans savoir un mot de français, se tire d'affaire, grâce à l'obligeance de rapins qui l'appellent « le Cosaque », mais lui donnent de bons conseils dont le meilleur est assurément celui d'éviter le Palais-Royal. Il travaille avec eux, raconte par le menu leurs farces d'atelier, et adopte leurs mœurs au point de rêver, comme eux, d'aventures à la Paul de Kock. Ses mémoires finissent par la description des journées de Juillet, auxquelles il aurait pris part sans doute, si, tout Cosaque qu'on l'avait baptisé, il n'avait été simplement un prudent petit Allemand de Pétersbourg, à peine russifié3.

Autre catégorie d'étudiants, plus nouvelle; c'est celle des hommes, souvent très mûrs, qui viennent à Paris pour y suivre le jeu des institutions libérales que les uns nous envient et que

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