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6. Lettre à Nesselrode, 8/20 mai 1817, Société historique, CXIX.
à chaque pas, et une conspiration dans chaque couplet ». Simon Vorontzof, qui n'était pas venu à Paris depuis le règne de Louis XV, le trouve embelli, mais si dépravé, si dépourvu de patriotisme et de religion que, pour le gouverner, « il faudrait un Bonaparte ou un Thamas Kouli-Khan* ».
On n'est pas surpris de constater que le plus pessimiste de ces « réacteurs », c'est Rostoptchine. Pourtant, pendant quelques jours, il avait oublié sa gallophobie; des maîtresses de poste, des paysans, des mendiants, des postillons l'avaient émerveillé par leur politesse et « leur façon de dire de très jolies choses, naturellement2 », et ce charme de décence et d'esprit avait été si fort sur lui qu'il avait annoncé à ses amis sa paix avec les Français : « Si j'ai dit du mal d'eux, jadis, c'est que nous étions en guerre3. » Le malheur est que, si l'esprit français séduit quelquefois l'étranger, il ne le rassure pas toujours; et Rostoptchine, reçu par la société parisienne avec une faveur que d'aucuns trouvaient scandaleuse4, sacré gloire internationale, homme de génie et même d'esprit, n'a pas tardé à redouter des épines sous tant de roses.
« Je suis invité chez Mme de Duras.... mais je ne me plairai pas beaucoup dans ce monde-là; c'est Chateaubriand, Humboldt, Talleyrand, etc. On fatigue à périr, ou en entendant du galimatias, ou en craignant de dire s'y quelque bêtise que le Français laisse tomber en votre présence, mais qu'il ramasse, dès que vous êtes parti, pour la faire circuler 5. »
Rostoptchine en aurait-il dit une? toujours est-il que bientôt il a perdu ses illusions, non seulement sur notre russophilisme, — « Si Ton nous aime à Paris, c'est par comparaison, et parce que nous n'avons rien emporté de leurs musées » , — mais encore sur notre politesse. « Les étrangers sont frappés de la grossièreté