A. de Ségur, ouvr. cité, p
et du mauvais ton qui règne en France, et comme la société ne pourra jamais se former comme elle a été jadis, il se trouve que la préférence qu'on lui accordait étant révoquée, la France ira, sous ce rapport, se mettre à côté de l'Allemagne et de la Hollande1. » Que dire aussi de l'esprit des Français, quand le voyageur, qui a vu, dans une matinée, les Russes à Maubeuge, les Danois à Bouchain, les Anglais à Valenciennes, etc., les entend chanter, ces Français, « qu'ils ne sont pas et ne seront jamais vaincus2 ». Persuadés qu'ils sont invincibles et sages, que « le Bois de Boulogne est une forêt », que « l'humanité n'existe que pour leur permettre de propager leur langue3 », ils n'ont pourtant, avec tout cet orgueil national, aucun patriotisme vrai. « Leur patrie est ai boulevard de Gand, et le salut de l'État chez Tortoni; on se plaint du chaud et on demande des glaces. Voilà le sentiment de la nation une et indivisible, quoique partagée et battue \ »
Cependant, toute méprisable qu'elle soit, il faut encore la craindre, à cause des libres institutions dont on a eu l'imprudence de la gratifier et dont elle use si mal. Voyez sa Chambre des députés; elle traite les affaires « comme les chats font l'amour, au milieu des cris, des hurlements et des égratignements5 ». Aussi, tant qu'on n'aura pas anéanti « ce peuple toqué6 », ni les souverains, ni les peuples ne seront tranquilles. « Je reviens toujours à mon ancienne idée qu'on a manqué une belle occasion, l'année quatorze, et même l'année quinze, de mettre la France hors d'état de nuire à l'Europe 7. » Pour cela, il n'y avait qu'à appliquer à cet « immense Charenton » la recette déjà expérimentée sur Moscou par Rostoptchine lui-même. « Il