‹ La Culture française en RussieChapitre 307 sur 518 · Messager russe, 1890, septembre, p · texte numérisé non relu

Messager russe, 1890, septembre, p

françaises par le cérémonial et par la langue, elles se sentent trop d'un temps où la maçonnerie n'était qu'un prétexte à de petites fêtes1. Ils émigrent donc dans de nouvelles loges, en emportant avec eux le règlement, qui est censé assurer le secret des réunions, mais en laissant ce qui leur paraît incompatible avec leur grand idéal : c'est ainsi que, dans une traduction russe des chants du maçon, faite à cette époque, on omet ce couplet jugé trop gaulois :

Mais il est un prix qu'il envie, C'est d'unir le myrte au laurier ; Et d'être, en adorant sa mie, Bon maçon et preux chevalier2.

Cependant, même avec ces corrections, la maçonnerie paraît insuffisante aux gens qui rêvent d'une révolution. Ils songent à d'autres modèles et les trouvent en France. « Les statuts de quelques-unes des sociétés secrètes qui y existaient furent apportés à Pétersbourg3... », dit le colonel Fone Vizine. Ils semblent qu'ils l'aient été, soit par Kioukhelbeker, qui, vers 1824, a fait une conférence à Paris, à Y Athénée royal, sur le mouvement politique en Russie; soit, en 1823, par Kakhovski; soit, plus probablement, par ceLounine que son ami Auger nous montre, à Paris, abandonnant la littérature pour la politique, et passant le meilleur de son temps dans des réunions mystérieuses. On sait, d'autre part, que dans les réunions des carbonari parisiens, à cette époque, il y avait un Russe, et tout porte à croire que c'était bien Lounine4. Nous le retrouverons plus tard, comme Kioukhelbeker et Kakhovski, parmi les révoltés de décembre 1825.

Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, des modèles de ces sociétés

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