‹ La Culture française en RussieChapitre 309 sur 518 · Le Passé, mars 1906, p · texte numérisé non relu

Le Passé, mars 1906, p

3. Nous empruntons la plupart des détails qui suivent aux articles de Sémevski dans le Passé, 1906, fasc. II.

français en font la terre classique de la liberté : Biélaief se rappelle justement que l'atlas de Malte-Brun la représentait sous la forme d'une belle fille, la main tendue vers Boston1. Quant aux Espagnols, où avaient-ils puisé, sinon dans notre constitution de 1791 et dans la ^Déclaration des Droits de l'homme? Au surplus, c'est à celle-ci queMouraviof a emprunté sa proclamation de la liberté des religions, « à condition de ne pas troubler les lois de la nature et de la morale » , et celle du droit du citoyen à la libre expression de sa pensée, sauf à en répondre devant le jury. C'est à celle-là qu'il a pris ses dispositions relatives à la liste civile, aux délibérations de l'assemblée législative, à la naturalisation des étrangers, au droit de suffrage, «etc. ; il la suit jusque dans ses omissions, par exemple, quand il s'agit des conditions de domicile à exiger des électeurs. En définitive, il n'y a d'étranger aux Français, dans son système, qu'une vague teinte de fédéralisme, et des dispositions dans le genre de celle qui fait dépendre de la fortune du citoyen son droit d'accès aux fonctions publiques. Or, ce sont justement ces dispositions, assure Pestel, qui firent l'impopularité du projet <ie Mouraviof parmi les membres des. sociétés secrètes2.

L'autre projet3, celui de Pestel lui-même, porte encore plus la marque française — non que Pestel ignorât les autres sources, « Dans toute la longueur de son appartement, raconte son camarade Lorère, c'étaient des rayons avec des livres, surtout politiques, économiques, exposant toutes les constitutions possibles. Je ne sais pas ce que cet homme n'avait pas lu, en n'importe quelle langue. » Mais ce qu'il avait lu le plus, c'était les livres français, et surtout ceux des idéologues du commencement du xixe siècle, ou des philosophes de la fin du xvme. « Destutt de Tracy a beaucoup agi sur moi, » dit-il; d'autre part, ce qu'on trouve

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