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Le XVHP siècle, II, p. 57. Lettre du duc de Liria

et Munich, d'anciennes relations avec Fénelon. Par contre, la gallophile Elisabeth a fort bien exilé Lestocq et chassé La Chétardie, les deux Français qui l'avaient aidée à monter sur le trône, et Catherine II, bien qu'élève de Voltaire, affirmait ne pouvoir souffrir « les Welches1 ». En tout cas, les caprices de ces souveraines n'ont eu qu'une influence fort limitée sur les progrès et le caractère de la culture russe.

Le fait important, c'est que, pendant presque tout le siècle, la Russie a été gouvernée par des impératrices. Or, elles avaient à redouter, plus que des empereurs , les complots et les coups d'État; pour s'en garantir, il leur fallait relâcher les liens de la tyrannie civilisatrice de Pierre le Grand, se concilier la noblesse. Déjà Anna Ioanovna, puis Elisabeth lui font des concessions; Pierre III, dans son court règne, l'affranchit du service obligatoire; Catherine II, enfin, doublement usurpatrice, puisqu'elle est étrangère, n'a d'autre principe de politique intérieure que de se laisser porter par le courant. Ce courant ira où il voudra; Yeuropéanisation, commencée sous le bâton de Pierre le Grand, se poursuivra librement, au gré des commodités ou des goûts de la nation, c'est-à-dire de la noblesse.

Or, puisqu'il ne peut être question pour elle de revenir à la barbarie d'antan, à quelle école se mettra-t-elle? « La Russie, écrit l'Anglais Swinton, ressemble à un nouvel héritier; elle commence à s'instruire et paraît frappée de son importance. Comme le jeune héritier, elle voit différents maîtres à sa suite; l'Anglais lui offre l'art de la navigation et du commerce; le Français, celui de s'habiller et de danser; l'Italien lui apprendra à dresser des plans pour les maisons et à chanter; l'Allemand, à tourner de droite à gauche2 ». Or, faire un choix entre tous

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