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2. Swinton, Voyage en Norvège et en Russiej I, p. 206 de la trad. franc.

LA RUSSIE DU XVIIIe SIÈCLE ET SES TENDANCES. 37

ces officieux est difficile; ne vaudrait-il pas mieux les engager Jous, chacun pour sa spécialité?

C'est ce qu'avait fait Pierre le Grand. Il avait mis ses étudiants, de Kônigsberg à Cadix, à l'étude de toutes les langues, de toutes les sciences. C'est ce que firent aussi ses premiers successeurs, avec une prédilection pour l'Allemagne qu'explique l'influence des dignitaires allemands1; c'est ce que font encore, dans une mesure moindre, les gouvernements de la seconde moitié du siècle. Dans les programmes d'études, sous Catherine II, toutes les langues, mortes ou vivantes, se mêlent à tous les arts et aux studia humanitatis*, mais la vie a appris à en rabattre beaucoup; on s'est aperçu que tout étudier, c'est perpétuer « la tour de Babel », dont se plaignait déjà, vers 1730, l'historien Tatichtchef; et cela d'autant plus que des maîtres d'origine différente ne savent pas collaborer : par amour-propre national ou par pédantisme, c'est entre eux, constamment, la querelle des maîtres de M. Jourdain. Bon gré mal gré, il faut faire un choix ou, du moins, établir une hiérarchie; au-dessus dès maîtres de tout genre, il faudra un « gouverneur » en titre. Qui sera ce gouverneur?

Les Anglais sont nombreux à Pétersbourg. Ils sont bien vus à la Cour; l'alliance anglaise, pour des raisons variées, y a toujours des partisans. Sans les aimer, la noblesse les considère, car ils sont des acheteurs réguliers et bien payants de son lin, son chanvre, sa potasse, etc. D'autre part, les gens un peu lettrés savent déjà que la littérature de ces Anglais est florissante; ils répéteront bientôt, avec toute l'Europe, que leurs institutions et leurs mœurs sont dignes d'envie. Le malheur est que, vis-à-vis d'un peuple de culture inférieure ou simplement différente, les « tristes Anglais », comme les appelle Swinton, prennent volontiers une attitude « impériale », et qu'en toute

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