Schilder, Histoire d'Alexandre Ier, IV, p
radovitch qui annonce à l'Empereur la mort du roi des Bavards (Bavari) 1 ; c'est Ouvarof qui trouve pittagore un coucher de soleil. « On dit pittoresque, général, » rectifie le Grand-duc Michel, « Oh! ça ne fait rien! répond Ouvarof; pittoresque et pittagore sont synagogues2. » La légende a-t-elle ici prêté à un riche? Notons, en tout cas, que des bévues de ce genre ne font pas moins, pour la fortune d'un courtisan, que la culbute de Maxime Pétrovitch, dans le Malheur d'avoir de Vesprit9 pour dérider Catherine II.
Ce qui serait beaucoup plus grave qu'un accroc à la grammaire, c'est un manquement aux formes françaises du savoirvivre, ou trop de zèle à les suivre jusque dans leurs formes les plus récentes. « Les Russes sont persuadés, note Barante, que nous avons perdu toute élégance de mœurs, toute hiérarchie de manières3 », et cela par l'effet du nivellement démocratique qui se poursuit en France depuis la Révolution. Or, la Russie, elle, est toujours rigoureusement hiérarchique; de là un écart entre l'original et la copie qu'on explique, à Pétersbourg, en disant qu'on y est resté « vieille France », et conforme aux modèles de nos meilleurs jours.
Du moins s'y applique-t-on. Les traités de civilité sont toujours copiés sur les nôtres4, et les docteurs es convenances, s'ils les enrichissent d'exemples nouveaux, les empruntent toujours à des hommes de notre ancien régime. Viazemski cite le duc de Blacas qui, à Pétersbourg, dans un salon, est tombé parce qu'un mauvais plaisant lui a retiré sa chaise. « Je voudrais savoir, dit-il en se relevant, qui m'a joué ce tour5? » Tout