Ibid., p
9. Ancelot, ouvr. cité, p. 383. — Lettre de Viazemski à Tourguénief,27 octobre 1824.
10. Archive russe, 1874, I, pp. 218, 219. — Sverbéief, Mémoires, I, p. 272.
sova, par patriotisme, et plus volontiers encore les petits pieds de la danseuse Istomina, il n'en manque pas pour déclarer, au retour du théâtre, que les troupes russes ne sont bonnes qu'à tuer le temps, en attendant l'heure du whist, fet que, décidément, il n'y a que Paris. Alors, peu à peu, on revoit des Français. Déjà en 1816, à Moscou, le prince Ioussoupof1 en fait entendre à ses invités. Puis, en 1819, une troupe recrutée à Paris par le prince Tioufiakine paraît à Pétersbourg, où elle joue alternativement avec les Allemands et les Russes 2. En 1828 enfin, une dame Kartsof en organise une autre qui, après 1830, associée aux débris de la troupe de Varsovie et à quelques recrues venues de France, devient la troupe du nouveau Théâtre Impérial, le Théâtre Michel3.
Ses débuts ne sont pas sans accrocs : on assure, dans les salons et dans les coulisses, que la jolie femme y compte plus que la bonne artiste, et que le répertoire en souffre K Pourtant, son recrutement est satisfaisant; Mmes Allan, Arnould-Piessis, Louise Mayer, etc., ne seront pas moins populaires à Paris, après leur retour, qu'elles l'ont été à Pétersbourg. Quant au répertoire, tel personnage important a beau en écarter les pièces trop difficiles pour l'oie qu'il protège, il reste, dans l'ensemble, conforme aux traditions. Les classiques, et surtout Molière, y gardent une place, malgré Delavigne, Dumas et surtout Scribe, le favori de l'Empereur qui, sa journée de travail finie, aime mieux rire que pleurer3. On sait, d'autre part, que, grâce à Mme Allan, le théâtre d'Alfred de Musset a été compris et applaudi par les Pétersbourgeois avant de l'être par les Parisiens6.