‹ La Culture française en RussieChapitre 328 sur 518 · Ibid.< IV, pp · texte numérisé non relu

Ibid.< IV, pp

peut-être des élèves. Il n'en est pas ainsi du vaudeville. Nos Russes n'y réussissent pas1. »

Ce jugement nous ramène à celui de Karamzime sur la supériorité de la « Thalie française » . Mais Biélinski ne parle que du vaudeville; s'il s'agissait de la haute comédie, il citerait avec orgueil et le Malheur d'avoir de l'esprit et le Révizor. La scène française n'est plus seule en Russie, mais elle n'est ni moins prisée ni moins pillée qu'autrefois.

On s'explique donc l'étpnnement joyeux « du petit Français de Bordeaux » qui, s'étant cru parti pour un pays barbare, se retrouve en France en débarquant à Pétersbourg2. Cet étonnement et cette joie, tous les voyageurs les partagent, depuis l'ambassadeur qui apprécie l'avantage de se trouver au milieu de gens « pour lesquels Paris est le centre de toute civilisation3 », jusqu'au touriste, jusqu'à l'acteur : « vous entendrez le français le plus pur; vous trouverez partout nos habitudes, nos vœux, nos idées, nos toilettes,... bien entendu, dans le grand monde. Dans les premiers mois, cela vous enchantera4. »

Il est vrai qu'à la longue « vous découvrez que ces costumes, cette langue, ces habitudes, cette recherche, cet esprit, ce Champagne, n'ont rien de commun avec la vie de Paris5 ». Ce qui fait faire cette découverte, c'est, au dire de quelques voyageurs, le manque de mesure dans l'imitation : les Russes sursd lent. « Lorsque je quittai Paris, raconte Dupré de Saint- Maur, les robes se posaient sur le bord de l'épaule : ici je les trouvai reposant sur l'avant-bras6. » Voilà, en effet, une grave

1. Biélinski, IV, p. 8. — Voir Messager russe, 1890, août, p. 273, sur l'adaptation du vaudeville français aux mœurs russes.

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