‹ La Culture française en RussieChapitre 340 sur 518 · Vessine, ouvr. cité, pp. 337 et suiv · texte numérisé non relu

Vessine, ouvr. cité, pp. 337 et suiv

8. Grigorovitch, Souvenirs, t. XII des OEuvres complètes, p. 270.

9. Article sur Mauprat, Œuvres, V, 301. « M. de Balzac, devant qui se prosternent, chez nous, tous les gens qui condamnent l'Europe en l'honneur de la Chine... »

propos du démocrate Paul de Kock — au point où la littérature s'efface devant la politique.

Quoi qu'il en soit, Balzac passe vite : « Il commence à être usé », écrit Barante, dès 1838 *. Un moment, son disciple Charles de Bernard semble devoir lui succéder; plusieurs traductions en paraissent coup sur coup, et Biélinski loue la verve et la fidélité de ses peintures2. Mais peuvent-elles intéresser autant que les Trois Mousquetaires et Monte-Cristo 3, autant que les « charmants récits » de Victor Hugo, Bug- Jargal et Han d'Islande, autant que Notre-Dame de Paris, où le poète « a poussé au dernier point l'union de la vérité, de la philosophie et de la poésie4? » Il est vrai que, de son côté, Biélinski trouve que « tout y est faux et ampoulé 5 » ; que nombre de lecteurs sont épouvantés par les héros parricides, incestueux, etc., qui surgissent dans le cadre des Lolotte et des Fanfan d'autrefois. Est-ce de la littérature, tout cela, de la chronique judiciaire ou de la politique? Il faudra la venue de George Sand, pour que l'intérêt sache où se fixer.

Pour des raisons analogues, nos poètes ne jouissent que d'une sympathie un peu froide. Des attardés lisent encore Legouvé, Florian, Parny4; Casimir Delavigne est estimé : Béranger réunit dans un culte commun et les vieillards qui rêvent de Lisette et les jeunes gens qui préfèrent en lui, au rimeur du xvme siècle, le chantre de l'Empereur et de la liberté, et, pour tout dire, le « Schiller français 5 » . Lamartine, lui, a conquis les femmes, dit Viazemski, par ce seul vers :

Un seul être me manque et tout est dépeuplé !

Mais les hommes le trouvent pleurard... Les vers de Victor Hugo, qui déconcertent parfois autant que ses nouvelles, ont peu

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