‹ La Culture française en RussieChapitre 343 sur 518 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

La proclamation, après 1812, de l'indépendance littéraire de la Russie.

Bile cherche donc de nouveaux guides. Le choix à faire entre les Anciens, les Anglais et les Allemands. Le règne de Byron, de Hegel.

La condamnation, en bloc, de l'art, de l'esprit, du caractère français. La gallophobie de Biélinski, des universitaires.

Nous avons vu l'influence littéraire des Français rester prédominante jusqu'en 1812, malgré la vogue de quelques modèles étrangers. Après 1812, il semble aux Russes qu'il ne peut plus en être ainsi. « La dernière guerre a valu à notre pays beaucoup de gloire, écrit un lycéen de Tsarskoié-Sélo, et je suis convaincu que les étrangers ont cessé de le croire barbare. Ils s'apercevront bientôt que notre langue ne l'est pas non plus1. » Ces espérances des jeunes sont partagées par les vieux : Karamzine déplore son âge qui ne lui permettra pas de voir le jour, pourtant proche, où l'Europe applaudira à la révélation du génie russe2.

Mais comment les Russes l'atteindront-ils, cette révélation? Sera-ce par un élan spontané, ou bien, hypothèse plus conforme aux précédents, en emboîtant le pas derrière de nouveaux guides, et lesquels? Déjà dans ses lettres de 1812, M. Mouraviof- Apostol nous fait assister aux discussions, sur ce sujet, des

1. Grot, Pouchkine au lycée, ses camarades, ses maîtres, p. 67. Lettre d'Illitchevski à Fuss, 28 novembre 1815.

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