‹ La Culture française en RussieChapitre 350 sur 518 · Id., III, pp · texte numérisé non relu

Id., III, pp

que le vaudeville « mort du sentiment du beau1 », soit le dernier terme de leur art? Quant à la science, ils peuvent bien en étudier des faits isolés, constater que deux et deux font quatre, mais ils n'atteindront jamais, à travers les manifestations de la vie, le grand principe qui les enchaîne2. Tandis que l'Allemand voudra le dégager, ce principe, le Français se bornera à en noter des effets, et d'ailleurs, il faut le reconnaître, dans leur ordre et clairement. Mais ce n'est pas assez pour compenser le manque de grandes conceptions ; on ne va pas loin avec le vulgaire bon sens; d'autant plus qu'appliqué aux sujets élevés, il les dégrade... « tels ces beaux fruits que corrompt le contact d'une chenille ».

Ces jugements sur l'esprit français amènent naturellement à des appréciations analogues de notre caractère. Nous apprenons donc que, pour nous, l'extérieur est tout. « Ils ne vivent que pour la pose... Voyez combien sont faibles, chez eux, les liens de la famille et de la parenté; dans leurs maisons, même les chambres intimes deviennent des salons3. » Ce culte des dehors n'est d'ailleurs pas accompagné du souci des dessous; à côté de leurs voisins, Anglais, Hollandais, Allemands, etc., les Français ne sont pas propres4. Ils ne sont pas consciencieux non plus. « Pour un bon dîner et une bouteille de Champagne, ils oublieront leur dégoût de la vie; pour de l'argent, ils écriront un dithyrambe en son honneur. Pour de l'argent, ils retourneront à la religion, même au culte des idoles, si vous y mettez le prix5. » Leur seule moralité, c'est le culte de l'honneur militaire ou mondain; mais cette morale n'est pas celle de l'Évangile, elle ne peut suffire ni partout, ni toujours6.

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