‹ La Culture française en RussieChapitre 352 sur 518 · d., XI, p · texte numérisé non relu

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lui : « Il perdait alors son sang-froid et disait des absurdités * » . Voici Herzen, qui est radical, libre penseur et nullement germanomane; il s'exprime, sur la « bourgeoisie paul-de-kockienne », comme l'a fait Biélinski. Longtemps encore, dans les universités, les professeurs formés à Berlin continuent à nous déchirer. « Ils traitaient de haut, raconte un de leurs élèves, partie par conviction, partie par pose, toute cette culture française qui remplissait tant de têtes russes2. » Cette gallophobie nouvelle, qui se réclame, non plus du passé, mais de l'avenir, en impose, et beaucoup d'étudiants se croient tenus de choisir; d être, ou le frivole Français, ou le noble, le chaste, le fidèle Allemand3 : décidés pour ce dernier, ils commencent, comme Ivan Tourguénief, par acheter des lunettes. Mais quelques mois se passent; un nouveau vent souffle, et le bursch de la veille, à la promenade de Pavlosk, inspecte la foule à travers un binocle français; à son ministère, quand il ne dort pas, ce n'est plus Hegel qu'il lit, mais George Sand; quand il réveille les échos des bois de Pargolovo en discutant, avec Biélinski, « de omni re scibili », il se trouve que les limaces de tout à l'heure ont changé de nationalité4. Il en est de la gallophobie des romantiques comme du pessimisme des hauts fonctionnaires; la réaction n'est jamais loin.

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