CHAPITRE XXIX
La part des Français dans la propagation des œuvres anti-françaises. Mme de
Staël et son école.
Les romantiques russes et nos écrivains. Nos semi-romantiques, Ghénier,
Chateaubriand. Leurs successeurs; Lamartine, Hugo. Le culte de Musset : ses
causes.
Le Malheur d'avoir de Vesprit et le Misanthrope. Les réminiscences françaises dans
Pouchkine; sa forme littéraire. Lermontof : le Démon et Eloa. Gogol et son
réalisme.
Des chapitres qui précèdent, il résulte que les Russes lisent toujours plus de livres français que d'autres, et que, cependant, ils attribuent à ceux-ci plus d'influence qu'à ceux-là. Se peut- il pourtant qu'on nous lise simplement pour ne pas dormir après dîner1, et que de tant de lectures françaises, il ne passe plus rien dans les écrits des Russes?
Notons d'abord qu'en ce temps de romantisme comme à celui du classicisme, les étrangers ne sont guère connus en Russie qu'à travers les Français2. Quand la vogue de Shakespeare commence, c'est dans Ducis que l'abordent ses traducteurs les plus renommés, Rotchef et Vrontchenko; plus tard, quand on se