‹ La Culture française en RussieChapitre 354 sur 518 · Biélinski, Œuvres, XI, p · texte numérisé non relu

Biélinski, Œuvres, XI, p

2. Viazemski, II, p. 134. « C'est sur PArbate, il me semble, que j'ai vu cette enseigne « Grémislas, tailleur de Paris ». Nous avons aussi nos Grémislas littéraires. Jadis ils traduisaient Laharpe et Delille; maintenant, ils traduisent les Anglais et les Allemands sur leurs traductions françaises. »

méfie de Ducis1, c'est dans la traduction de Letourneur, revue par Guizot, qu'on va chercher « le vrai William2 ». Il en est ainsi deByron, dont Amédée Pichotest l'introducteur en Russie; de Walter Scott, que les gens cultivés lisent en français, et les autres dans des traductions du français , si bien que tel libraire prend ce Scott pour un parent de Mme Cottin3. Les Allemands eux-mêmes, représentés en Russie par tant de compatriotes, n'échappent pas toujours à la loi de l'entremise française. Si Mouraviof-Apostol, ex-étudiant de Gôttingue, a lu les Schlegel dans le texte, Yiazemski les lit en français4, et c'est un article français aussi que la première réplique qui leur soit faite en Russie5. Schiller a ses Ducis en Ancelot et Lebrun6; Nodier est celui du Faust de Gœthe7. Dans les années quarante et même plus tard, les Contes d'Hoffmann, qui sont lus partout, le sont en français8.

Encore plus que les traductions, les commentaires des Français popularisent les Allemands. U Allemagne de Mme de Staël commence; ses discours continuent quand elle vient en Russie, en 1812, révéler aux beaux esprits moscovites que notre littérature, par ses beautés mêmes, ne convient qu'aux Français; que « ses accords si grêles » ne sauraient plus longtemps remuer les âmes; qu'il est « temps de parler la langue des affections profondes », et qu'il faut, en définitive, « avoir l'esprit européen9 ». Que ses conseils aient été entendus et comr pris, nous n'en saurions douter. « On les traduisait dans les meilleures revues... c'est en partie par ses arguments que nos

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