‹ La Culture française en RussieChapitre 358 sur 518 · Œuvres, II, 111, passim · texte numérisé non relu

Œuvres, II, 111, passim

9. Lettre de 1840 ; Correspondance de Dostoievski, traduct. Bienstock, p. 29.

mesquineries mondaines, ses rêveries ampoulées1 »; Pouchkine lui-même le trouve incolore2. Gomme en Angleterre, comme en Allemagne3, il serait impopulaire, si des légions de lectrices ne prenaient sa défense contre la brutalité des hommes4.

Un seul de nos poètes romantiques réunit les sympathies des deux sexes : c'est Alfred de Musset. Le grand public ne le connaît encore, vers 1840, que par les Confessions d'un enfant du siècle et des correspondances de Paris, plus mondaines que littéraires. « Dans chaque boudoir qui se respecte, assure Y Abeille du Nord, on voit cette Confession reliée en maroquin noir, avec des arabesques d'argent. Cet habit caractérise on ne peut mieux le talent du nouveau favori de la mode8. » Puis viennent les triomphes de Mme Allan dans les comédies de Musset, et, dès lors, il éclipse Lamartine, même dans le cœur de ses admiratrices les plus ferventes. Mais les vrais lettrés n'ont pas attendu si longtemps pour l'aimer. « Connais-tu Musset? écrivait, dès 1833, Viazemski à Tourguénief . . . . C'est un grand polisson; il fait beaucoup de bêtises, mais il a un don merveilleusement original6. » Trois ans plus tard, il y revient, en insistant. « Décidément, il dépasse de toute la tête la phalange de ses contemporains.... Pouchkine et moi, nous avions déjà deviné le grand poète quand il faisait ses farces dans les contes espagnols et disait :

Qui m'a valu cette conquête ?

C'est l'allure de mon cheval, Des compliments sur sa mantille, Puis des bonbons à la vanille Par un beau soir de carnaval 7....

1. Biélinski, II, p. 391. — Vessine, le Journalisme russe, pp. 331, 334.

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