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Chant IV de Rouslane et chant XIII de la Pucelle

5. Voir Georges Vessélovski, Esquisses littéraires, pp. 151-181.

Chateaubriand1. Désespéré, poursuivi par un mystérieux chagrin, fuyard du monde et de ses conventions, son héros n'est qu'un autre René, plus pâle. Les Tcherkesses qui le chargent de chaînes, ce sont des Muscogulges ou des Adirondats; leurs jeux devant lui, ce sont ceux des Natchez devant René : la jeune fille qui le délivre, c'est Atala; son sacrifice, c'est celui de Céluta. D'ailleurs, pas plus que René, ce héros ne sait cacher sa douleur sous un masque impassible ; il gémit, il pleure ; il n'a rien des Titans de Byron qui, foudroyés, défient encore le ciel. Plus tard, Pouchkine a confessé qu'il n'entendait rien aux héros romantiques, c'est-à-dire byroniens. « Ce que j'ai voulu peindre dans mon Prisonnier, disait-il, c'est uniquement cette indifférence à la vie et à ses plaisirs, cette vieillesse prématurée de l'âme qui sont devenues la caractéristique duxixe siècle2. » Chateaubriand a-t-il peint autre chose dans René?

Mais voici qu'après le Prisonnier du Caucase, après la Fontaine de Baktchi-Séraï, après les Tziganes, Pouchkine, mûri dans le romantisme, aborde, dans Eugène Oniéguine, la peinture de la vie contemporaine. Son héroïne, Tatiana, y ressemble fort à celles de Mme de Staël; honnête à leur façon, elle déclare sa flamme à son héros, et dans une lettre qui se ressent de celle de Julie à Saint-Preux. Oniéguine, de son côté, est revenu des plaisirs de ce monde, pas assez pourtant pour ne pas vouloir y mordre encore une fois, quand Tatiana est mariée à un autre, et cela l'amène à constater la justesse du mot de Mme Necker dont Pouchkine fait l'épigraphe d'un de ses chants : « La morale est dans la nature des choses3 ». Est-il possible d'être moins romantique et plus bourgeois français?

L'autre grande œuvre de Pouchkine, en ce temps, c'est Boris Godounof. Il a voulu y être shakespearien et, pour cela, il

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