Néréida
3. Tous les rapports qu'on peut trouver entre Lermontof et des écrivains français ont été étudiés avec beaucoup de soin dans un livre de M. Edmond Duchesnè. Nous y renvoyons le lecteur.
hôtesse géorgienne à un jeune Lesghien : « Ne t'en va pas.... Ton cheval est las, un brouillard gris voile la montagne, et pourtant tu as ici un toit, le repos, et je t'aime ». Lermontof a repris ce thème encore dans Ismaïl : « J'ai sellé ton cheval, dit la jeune Sara à son hôte... sa croupe est luisante comme une pierre polie par le torrent». Or, l'hôtesse arabe a, elle aussi, sellé le cheval de son hôte. Il est là, il attend :
Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir, Ferme, ronde et luisante ainsi qu'un rocher noir Que polit une onde rapide.
La même comparaison revient dans Y A oui de Bastoundgi, suivie de vers qui traduisent presque littéralement une autre pièce des Orientales, Malédiction.
D'autre part, le premier drame de Lermontof, les Espagnols, copie Hernani. Les gestes de certains personnages de ses poèmes, de Vadius le Bossu, par exemple, rappellent Quasimodo, voire Bug-Jargal. Mais il semble bien que cette influence du romantisme furibond, comme dit Biélinski, soit plus de forme que de fond.
A Musset, Lermontof a pris quelques vers; il s'est souvenu, dans le Héros de notre temps, des Confessions d'un enfant du siècle, sans qu'on puisse déterminer dans quelle mesure il s'en est inspiré. La trace d'Alfred de Vigny est plus nette. Le Maxime Maximytch que, dans Bêla, Lermontof nous présente sur la route de Tiflis, est le vieux chef de bataillon que, dans Laurette ou le Cachet rouge, nous rencontrons sur la route de Flandre, et l'histoire de Bêla est amenée exactement comme celle de Laurette. D'autre part, entre YEloa du Français et le Démon du Russe, il y a eu à la fois et rencontre, comme le dit M. de Vogué *, et imitation, comme le démontre M. Duchesne. Lermontof ignore Vigny, en effet, au moment où il écrit le Démon