‹ La Culture française en RussieChapitre 367 sur 518 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Le ralentissement des voyages, après 1830. Les défenses de la police; comment

on les tourne.

Les amateurs de plaisirs faciles : le culte de la grisette. Les « intellectuels » au cours, au théâtre, au sermon. Leurs visites aux hommes

de lettres ; l'accueil de Victor Hugo.

Les pèlerins de la Révolution, Bakounine, Herzen. Leurs arrêts sur la France et les

protestations qu'ils suscitent.

L'affluence des Russes à Paris, si grande après 1815, se ralentit après 1830. Ce n'est pas que l'attrait soit devenu moins grand : les Russes de l'intelligence assurent toujours qu'il leur faut, pour les tirer de leur spleen, « les salons où l'on cause, le Parlement où l'on dit des sottises, les théâtres où les tragédies font rire et les comédies pleurer, les douces rêveries qu'inspirent le Bois de Boulogne, les Tuileries, le Père-Lachaise i » ; ils pensent aussi, sans le dire, qu'il serait bien intéressant d'y tomber, sinon sur la révolution de demain, du moins sur les traces de celle d'hier. Mais, justement à cause de ces révolutions, le gouvernement empêche leurs voyages tant qu'il peut. Les passeports pour l'étranger ne s'accordent plus qu'après d'interminables démarches 2; encore y est-il formellement spécifié, la plupart du temps, que la France en est exclue. On sait, d'autre part, que le redouté chef des gendarmes, Benkendorf, a

1. Alexandre Tourguénief, lettre à la princesse Viazemski, février 1835. Archive (VOstafiévo, III.

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