Mme Panaiéva, ouvr. cité, p
5. Stroief, H, p. 172, 177, 180. — Antiquité russe, LXVI, p. 260 et suiv., Souvenirs de Kochkarof,
musique, on n'aime que les chevaux et les mollets des danseuses1 ». Au Gymnase, ils s'égayent d'un Ivan le Moujik qui est absurde, mais se trouvent désarmés devant le vrai vaudeville français. « Vous vous figurez, à Pétersbourg, que vous le connaissez. Pas plus qu'on ne connaît les tigres et les lions pour les avoir vus dans une ménagerie 2 ! » Réconciliés avec ce genre, ils finissent par s'accommoder aussi des autres, et voici qu'Ivan Tourguénief lui-même se prend à retourner à FOpéra- Comique pour la Dame Blanche.
Ce que le théâtre a pu perdre dans l'admiration russe, est regagné par des arts que les voyageurs d'autrefois avaient négligés. On fréquente les musées, les salons de peinture; on prend parti dans la querelle d'Ingres et de Delaroche, et le plus souvent pour le premier; la Russie n'est pas encore romantique en peinture3. Puis on va au sermon* — ceux des PP. Lacordaire et de Ravignan sont fort touchants 4, — aux cours, à la Sorbonne, où des professeurs à la parole toujours vive savent étonner, éblouir, entraîner leur auditeur : « il lui semble alors que les écailles lui tombent des yeux 3 ». Il est vrai qu'après réflexion, il trouve ces cours bien spéciaux; il n'imagine pas encore qu'on ne puisse parler de tout à la fois, etBiélinski reproche àGeruzez d'avoir étudié Ronsard pendant toute une année : « Voilà pourtant ce que les Français appellent la science 6! » Reproche plus grave : ces professeurs ne parlent pas assez simplement. Michelet fait des leçons chaotiques, avec de continuelles envolées dans le sublime; Lerminier lui-même ne peut dire sans un trémolo que Charlemagne est mort en 814. « lia disparu! s'écrie-t-il ; nous touchons au commencement de la France, de